Comment dessiner aux crayons de couleur de manière réaliste

Nous avons tous dessiné avec des crayons de couleur au moins une fois dans notre enfance. Le souvenir de nos bonhommes et maisons dessinées est encore bien ancré en nous,...

Nous avons tous dessiné avec des crayons de couleur au moins une fois dans notre enfance. Le souvenir de nos bonhommes et maisons dessinées est encore bien ancré en nous, et pourtant, les crayons de couleur permettent d’aller tellement plus loin dans la création !

De nombreux artistes confirmés les utilisent pour créer des œuvres au réalisme impressionnant.
Pour cela, il faut s’éloigner de nos habitudes et apprendre quelques astuces que je vous propose de découvrir dans cet article.

1. Le secret pour dessiner de manière réaliste

Le secret des crayons de couleur réside dans la superposition des couches de couleur ! C’est une des techniques traditionnelles qui demande le plus de patience et de temps si on veut obtenir un résultat réaliste.

Contrairement à ce qu’on pense et ce qu’on a été habitué à faire depuis tout petits, les crayons de couleur ne s’utilisent pas en appuyant fort dessus : pour obtenir un résultat réaliste, il faut les utiliser avec une main légère et caresser le papier avec la mine.

En effet, chaque papier est constitué de fibres qui lui donne une texture que l’on appelle « grain ». C’est ce grain qui retient les pigments et couleurs. En appuyant trop fort on aplatit le grain, les traits de crayon sont visibles et il n’est plus possible de venir mélanger une autre couleur ou d’ajouter des détails par dessus !

Il vaut mieux donc passer la mine avec légèreté sur le papier afin de pouvoir travailler au mieux le mélange de teintes (« to blend » ou « blending » en anglais) et avoir la possibilité de revenir peaufiner le dessin plusieurs fois. Cela permet aussi de ne pas voir les traits et d’avoir un résultat lisse, pensez à faire des traits et petits ronds dans différentes directions pour avoir un résultat plus homogène et couvrant.

Grâce à cette astuce, on pourra superposer de nombreuses couleurs, avoir un rendu plus riche, homogène et réaliste. Il restera également assez de grain pour ajouter de fins détails comme des plumes, poils, les nuances du bec ou des yeux de l’animal… L’idéal pour plus de précision est d’utiliser une mine taillée finement.

Une astuce pour perdre l’habitude d’appuyer est de tenir le crayon en plaçant ses doigts plus loin sur le manche !

Vous remarquerez qu’avec cette façon de faire le grain du papier reste visible : si on souhaite de la texture c’est parfait mais si on veut un résultat lisse, il faudra finir par le faire disparaître.

2. Jouer avec la texture ou « grain » du papier

Le choix du papier et de son grain a une importance selon le sujet qu’on souhaite représenter.

Pour dessiner un éléphant, avoir un papier à gros grain sera un plus : le simple fait de passer le crayon créera la texture de la peau.

En revanche, pour dessiner une pomme ou une fleur, avoir un papier à gros grain sera plus compliqué : il faudra passer de nombreuses couches de crayons pour obtenir une texture lisse. Dans ce cas, on choisira plutôt un papier à grain fin ou lisse.

Pour dessiner des animaux à poils ou plumes, un grain intermédiaire sera parfait : un papier lisse rendra difficile la superposition de traits, un papier avec gros grain demandera plus de temps.

Enfin, ce sont des indications générales que je vous donne mais il n’y aucune règle absolue puisque la préférence de chacun influence beaucoup le choix du papier : certains dessine d’incroyables félins sur du papier bristol (très lisse) et d’autres de magnifiques fleurs sur du papier à gros grain. À vous de tester, en commençant par les recommandations de cet article puis en expérimentant au gré de vos envies !

Quel que soit le papier choisi, si vous souhaitez représenter un sujet à la texture lisse, il faudra faire disparaître le grain du papier.

Pour cela, deux solutions : continuer de superposer les couches de couleur, le grain se remplira petit à petit, ou utiliser un crayon blanc (ou de teinte claire) pour utiliser la technique du « burnishing« .

Si l’envie d’appuyer sur la mine vous démange c’est l’occasion de vous faire plaisir : une fois plusieurs couches de crayons superposées et la teinte voulue obtenue, on va avec le crayon blanc (ou clair) appuyer plus fort pour supprimer le grain et ancrer les couleurs dans le papier. S’il est de qualité, il permettra aussi de mélanger encore mieux les couches déjà appliquées.

Attention, comme expliqué plus tôt, on ne pourra presque plus repasser sur cette zone ensuite, il faut donc attendre le bon moment pour procéder. Pensez également que le blanc va éclaircir le dessin, on peut le prendre en compte en dessinant d’abord plus foncé et en repassant une fois ou deux par-dessus.

3. Choisir ses crayons de couleur selon le résultat voulu

Il existe deux grands types de crayons de couleur : les crayons gras et les crayons secs.

Les premiers ont une mine tendre et sont à base de cire. L’avantage est qu’ils glissent très bien sur le papier et se mélangent facilement les uns aux autres. Ils sont donc très pratiques pour créer des dégradés et des fusions de couleurs différentes, ils couvrent le papier et remplissent le grain plus rapidement. Leur texture plus riche plus être gênante pour certains et faire briller le dessin.

En revanche, ils ne sont pas les plus recommandés pour ajouter de fins détails car leur mine ne reste pas longtemps pointue, il faut les tailler très souvent si on souhaite réaliser un dessin très détaillé.
Les marques Arteza, la gamme Luminance de Caran d’ache et les Prismacolor font partie de cette catégorie.

Les crayons secs ont une mine dure à base d’huile et sont parfaits pour l’ajout de détails.
A l’inverse, ils peuvent être plus difficiles à utiliser quand on débute, qu’on souhaite les utiliser sur de larges surfaces ou pour mélanger les couleurs, ils demandent d’ajout plus de couches de crayons pour recouvrir le papier et remplir le grain.
La gamme Polychromos de Faber-Castell et la gamme Pablo de Caran d’Ache font partie de cette catégorie.

Pour ma part, j’aime travailler avec les deux types de crayons : je prends les gras pour le gros du travail et les secs pour le travail de précision !
Pour l’étape du blending et burnishing au crayon blanc, les modèles Pablo et Aquarelle Museum de Caran d’Ache sont mes préférés.

Si vous souhaitez réaliser un travail qui gardera ses couleurs longtemps, il faut également faire attention à choisir une gamme de crayons qui résistent à la lumière. En effet, beaucoup de crayons possèdent une faible résistance ce qui signifie que les couleurs sur le papier vont s’affadir avec le temps, voire même devenir translucides !

Enfin, certains crayons sont aquarellables : en ajoutant de l’eau avec un pinceau les pigments se diluent et peuvent être utilisés pour peindre. J’utilise très peu cette particularité, à part quelques fois pour unifier et faire disparaître le grain du papier sur de grandes zones.

4. Quoi dessiner au début ?

Comment savoir par quoi commencer quand on débute ou qu’on reprend les crayons de couleur ?

Les animaux à poils ou à plumes sont plus complexes et demandent encore plus de temps : il faut rendre la texture du pelage ou du plumage avec de nombreux coups de crayons.
Les portraits humains sont également délicats car reproduire la couleur de la peau et le détail du visage n’est pas évident.

Je conseille donc de commencer par des sujets plus « simples » comme des fleurs ou des fruits. Une simple pomme peut être un excellent exercice pour prendre en main ses crayons et apprendre à mélanger les couleurs, ajouter des détails et du volume. Autre avantage, on peut se servir d’un fruit réel comme modèle plutôt qu’une photo sur l’écran !

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Lisa Léger, illustratrice freelance passionnée à Pau

Bonjour, moi c'est Lisa !

Je suis illustratrice passionnée de nature et d’art. Les crayons graphite, crayons de couleur et l’aquarelle sont mes outils favoris. J’adore partager avec vous des astuces dessin !

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